L’entretien tripartite : ce moment clé qui change tout dans un coaching
- Geraldine Sol

- 23 avr.
- 3 min de lecture
On parle souvent des séances de coaching elles-mêmes. Des prises de conscience. Des déclics. Des plans d’action. Des transformations.
Mais il existe un moment beaucoup plus discret — et pourtant fondamental — que l’on sous-estime souvent : l’entretien tripartite de démarrage.
Ce premier échange entre le coach, le coaché et le commanditaire n’est pas une simple formalité de lancement.
C’est le moment où l’on pose les bases de la relation. Le moment où l’on clarifie les attentes, les règles du jeu, les zones de vigilance… et surtout la qualité du cadre dans lequel le coaching va pouvoir exister.
J’ai vu des coachings fragilisés dès le départ parce que cette étape avait été bâclée. Et à l’inverse, j’ai vu des accompagnements parfois complexes devenir extrêmement puissants parce que le cadre avait été posé avec justesse dès le début.
À quoi sert réellement un entretien tripartite ?
Contrairement à ce que certains imaginent, il ne s’agit pas d’un entretien d’évaluation déguisé. Ni d’un espace où le manager vient “expliquer au coach ce qui ne va pas”.
Un bon entretien tripartite sert avant tout à créer de l’alignement.
Car chacun arrive avec sa propre lecture de la situation :
le commanditaire a ses enjeux business, organisationnels ou managériaux ;
le coaché arrive avec ses propres besoins, ses inquiétudes, parfois ses résistances ;
le coach, lui, doit comprendre le système relationnel dans lequel tout cela s’inscrit.
Et très souvent… tout le monde ne parle pas exactement de la même chose.
C’est précisément là que l’entretien devient précieux.
Clarifier avant de commencer
L’un des rôles essentiels du coach consiste à mettre de la clarté là où il y a du flou.
Clarifier :
ce qu’est réellement un coaching ;
ce qu’il peut produire ;
ce qu’il ne produira pas ;
ce qui relève du coaching… et ce qui relève d’autre chose.
Parce qu’un coaching n’est ni une thérapie, ni une formation, ni du conseil déguisé.
Et plus le cadre est clair, plus la relation devient saine.
Poser un objectif… qui ait du sens
C’est souvent pendant cet échange que l’objectif réel commence à apparaître.
Pas l’objectif “corporate” un peu générique du départ du type :
“développer son leadership”
Mais le vrai sujet.
Celui qui touche :
à la posture ;
à la place ;
au rapport à l’autorité ;
à l’affirmation ;
à la confiance ;
à la difficulté à déléguer ;
au besoin de contrôle ;
à la gestion de l’énergie ;
à la relation au collectif.
Et parfois, ce qui est formulé au début n’a finalement rien à voir avec ce qui émergera quelques minutes plus tard.
C’est normal.
L’entretien tripartite sert aussi à ça : affiner. Repositionner. Reclarifier.
La confidentialité : un point non négociable
C’est probablement l’un des éléments les plus sensibles.
Si le coaché sent que tout sera rapporté au manager, il ne pourra jamais réellement travailler en profondeur.
Le cadre doit donc être explicite dès le départ :
ce qui pourra être partagé ;
ce qui restera strictement confidentiel ;
la manière dont les points d’étape seront réalisés ;
les limites du rôle de chacun.
Quand ce cadre est posé avec maturité, cela change complètement la qualité des échanges par la suite.
Ce que j’observe souvent dans les tripartites
Il y a des signaux très intéressants qui apparaissent dès ce premier rendez-vous.
Qui parle le plus ? Qui ose dire les choses ? Qui prend sa place ? Qui minimise ? Qui surcontrôle ? Qui protège qui ?
On apprend énormément sur les dynamiques relationnelles dès cette première heure.
Et souvent, le coaching commence déjà là.
Les erreurs les plus fréquentes
Certaines situations reviennent régulièrement :
un commanditaire qui monopolise complètement la parole ;
un objectif tellement vague qu’il devient inutilisable ;
un coaché qui n’ose pas exprimer ses vrais besoins ;
une confusion entre coaching et évaluation ;
une confidentialité insuffisamment clarifiée.
Dans ces moments-là, le rôle du coach est aussi de réguler l’espace. De remettre du cadre. De rééquilibrer les places.
Ce que j’aime dans ces entretiens
J’aime ce moment où chacun commence à sortir du discours attendu.
Quand la relation devient plus vraie. Plus simple. Plus humaine.
C’est souvent là que la confiance commence réellement à se construire.
Et dans un coaching, la qualité de l’alliance change absolument tout.
Parce qu’au fond, un coaching efficace ne repose pas uniquement sur des outils ou des méthodes.
Il repose d’abord sur la qualité du lien.
Et ce lien, très souvent… commence dès l’entretien tripartite.
